A propos de Mobisim


Le projet Mobisim (simulation des mobilités) consiste à développer une plateforme de simulation pour l'étude prospective des mobilités quotidiennes et résidentielles dans les agglomérations françaises et européennes, et leur lien avec le développement, l'étalement et l'aménagement urbains. Cette plateforme se base sur plusieurs modèles, notamment un système multi-agent, couplé à un automate cellulaire. Les différents champs de développement identifiés aujourd'hui concernent les problématiques de la gestion du trafic et des déplacements, des nuisances et des pollutions engendrées, de la consommation énergétique urbaine, des stratégies des acteurs et des choix modaux de déplacements, etc.


Une problématique d'aménagement du territoire

Le territoire urbain constitue un système complexe par excellence. Plus particulièrement, les interactions entre le territoire d’un côté (conçu comme un ensemble de structures et de potentiels sur lesquels se localisent des réseaux et des moyens de transport), les actions et les comportements des acteurs de l’aménagement de l'autre côté (ménages, entreprises, acteurs institutionnels, etc.) forment un système dont la complexité n'a de cesse de poser des défis aux chercheurs. Les interactions entre la modification de la structure territoriale et les comportements dont elle est la toile de fond sont au cœur des questions de mobilité urbaine. L'espace géographique doit alors se concevoir comme un système à la fois organisé et organisant, qui s'inscrit dans le schéma systémique d'une géographie mettant en évidence les interactions complexes entre éléments spatiaux et éléments anthropiques, considérant réciproquement non seulement le rôle exercé par l'espace sur l'action de la société, mais également les processus de transformation territoriale que la société produit. Dans une telle conception de l'espace, la planification et l'aménagement du territoire apparaissent à la fois comme un acte réfléchi de production d'espace, mais aussi comme le résultat de l'utilisation collective qu'en font les usagers. Dans ce contexte, les aménageurs et les urbanistes sont amenés à prendre des décisions sur la base de ce qu'ils comprennent du territoire et de la manière dont il fonctionne.


Historique du projet Mobisim

En vue d'éclairer ces décisions, de nombreuses recherches s'orientent vers la conception de modèles de simulation à même de représenter le fonctionnement des territoires, prenant souvent en compte les effets systémiques des différents processus à l’œuvre. C’est le cas du modèle Mobisim. Ce modèle a d’abord été développé à partir des théories de la dynamique des systèmes (Mobisim III, dévéloppé par la société ATN (1)). Mais rapidement, les limites à la spatialisation des phénomènes modélisés (intrinsèques à la dynamique des systèmes) ainsi que la nécessité d’endogénéiser une partie des évolutions structurelles de la population, ont amené à reconstruire la plateforme de simulation sur la base de modèles multi-agents ; Mobisim III devient Mobisim SMA. Ce modèle a été utilisé pour étudier l’évolution de la mobilité à l’horizon prospectif d'une vingtaine d'années pour plusieurs agglomérations françaises. Il est aujourd'hui développé au sein de l'équipe Mobilité-Ville-Transport du Laboratoire ThéMA (2) sous le nom Mobisim-ThéMA.

Les développements successifs de Mobisim et les projets actuels font l'objet de subventions de la part de la Direction de la Recherche et des Affaires Scientifiques et Techniques (DRAST), du Minsitère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables, et de l'Agence pour le Développement et la Maîtrise de l'Energie (Ademe).

Le modèle de simulation de la mobilité urbaine Mobisim III a obtenu le prix du Predit (Programme de Recherche et d'Innovation dans les Transports Terrestres) en mars 2005.

Un modèle de simulation multi-agents

Dans le domaine scientifique, la famille de modèles à laquelle appartient Mobisim connaît un succès relatif dans la mesure où la représentation qu’ils proposent tend à s’approcher de plus en plus de la réalité de la mobilité urbaine, du moins telle qu’elle est observée. La prise en considération des facteurs clés des comportements au niveau élémentaire de la personne explique notamment les avancées dans le domaine. En particulier, la modélisation multi-agents autorise une prise en compte de plus en plus fine des comportements individuels, à un niveau micro. Par ailleurs, le caractère dynamique de ce type de modélisation permet d'en observer l’évolution dans le temps et de construire un certain nombre de simulations et de scénarios prospectifs, basés sur une connaissance approfondie des choix et des décisions dans l'usage des espaces urbains et périurbains (3).


Modéliser les choix dans l'usage des espaces urbains

Les choix spatiaux figurent ainsi au cœur de la modélisation urbaine. Ils agissent simultanément sur les localisations résidentielles (à long terme) et les mobilités quotidiennes (à court terme). De ce fait, les liens entre organisation territoriale et système de transport ne sont pas considérés de manière linéaire, mais s’inscrivent dans des temporalités très différentes. L’accessibilité aux services et aux différentes aménités urbaines et périurbaines détermine une partie de ces choix. Elle apparaît véritablement comme un facteur clé des dynamiques urbaines et constitue une entrée pertinente du modèle, dans la mesure où elle cristallise la double problématique spatiale (ou territoriale) et anthropique (ou comportementale).


ThéMA Université de Franche Comté CNRS

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(1) Société ATN (Application des Techniques Nouvelles) dirigée par Philippe Casanova jusqu'en 2007
(2) Laboratoire ThéMA (Théoriser et Modéliser pour Aménager), UMR 6049 CNRS, Université de Franche-Comté
(3) L'évaluation, le choix et la décision dans l'usage des espaces urbains et périurbains font par ailleurs l'objet du projet ANR Ecdesup, porté par le laboratoire ThéMA